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Durant l’écriture, j’ai souvent pensé à Douglas Sirk. Je venais de revoir quelques uns de ses films, et certains de ses plans, de ses cadrages, m’ont inspiré, comme pour la scène de jeux, dans la maison des Gianelli, à Bodega, ou la séquence à Venice beach, avec Chase et Eva…

Si on connait  l’importance de Douglas Sirk dans le cinéma romantique des années 50, on oublie que sa façon de s’attacher à ses personnages, préfigure, d’une certaine manière, les séries d’aujourd’hui.

Depuis “Six feet under”, on parle d’un nouvel âge d’or du genre, comme si les séries avaient pris le pas sur les films. Un peu, comme avant, lorsque l’on trouvait qu’il y avait plus d’invention dans un spot publicitaire que dans un film. Impression que ce sont surtout les personnages qui ont pris le pas sur leur histoire, comme s’ils construisaient leur propre mythe, là où les “héros” de cinéma sont censés se confronter à un mythe qui les dépasse.

Si un film, objet unique, de part sa construction, généralement verticale, est obligé de confronter ses personnages à une histoire, la donne est sensiblement différente dans l’espace à la télé, essentiellement à cause du format et de sa répétition. Au lieu d’être confronter aux 90 ou 100 minutes généralement utilisées pour un long-métrage, la télé permet un morcellage en tranches de 52 minutes, voire plus rarement de 28. Sans doute, cela permet-il d’entrer à l’intérieur des personnages. De fait, la pression exercée sur l’histoire n’est-elle plus la même.

Il y a une déclinaison méthodique de ce qui peut poser problème dans les relations, les synergies, à l’intérieur d’un groupe, d’une famille, d’un couple. Il y a des images très fortes mais relativement peu de mise en scène et peu d’enjeux sur ce qui constitue la richesse d’un plan, sa profondeur. Les séries ont pris soin d’ “updater” les thèmes abordés, en validant de nouveaux profils de personnages, et en suivant les évolutions de la société qui les a vu naître, comme si la narration avait été recadrée par une agence de pub. Ce n’est pas un hasard si le “storytelling”, autrefois propre à la chanson et au cinéma, est depuis utilisé en en politique et publicité. La construction de toute pièce des origines de la marque “Avirex”, en reste un bon exemple.

Pour mémoire, un frippier de new-york se retrouve avec tout un vieux stock de fringues de l’armée au début des années 70. Le stock n’est pas renouvelable, les cuirs et les pantalons partent comme des petits pains.

Afin de répondre à la demande grandissante, le type reprend les coupes et achètent de nouveaux tissus. Même succès. O.K., si ça marche si bien, pourquoi s’en tenir à son quartier ? Le fripier contacte des amis à Hollywood, et construit de toute pièce la légende Avirex… Ainsi, le modèle “Pilot”, avec ses poches carrées sur le devant, est-il le pantalon officiel des mécanos d’avions durant la Seconde guerre mondiale. Quant au  ”Mac Arthur” taillé dans un coton de Chine, il aurait été spécialement conçu pour les officiers durant les campagnes de Birmanie. Le coup de grâce arrivera, lorsque Tom Cruise portera un blouson Avirex dans “Top gun”, puis Harrison Ford dans “Les Aventuriers de l’Arche perdue”… Au point que ce fournisseur de l’armée américaine, qui ne l’était pas, va finalement le devenir pour de vrai… “Savoir faire” et “Faire savoir”.

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from outrageauxbonnesmoeurs
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1953romanholiday:

Tippi Hedren 1964

haroldleroman:

Bande son du roman “Harold”, 70 minutes environ…